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Association Béninoise des Communes Frontalières (ABCF) : un outil stratégique dans la gestion des frontières

D 13 mars 2015     H 10:42     A L’AGENCE     C 0 messages


La territorialité du développement est un enjeu pour l’aménagement harmonieux du territoire dans un contexte où la décentralisation, amorcée en 2003, est le leitmotiv de mode de gouvernance démocratique dans notre pays. Face aux vulnérabilités et aux changements climatiques couplés à la montée de l’insécurité dans le monde en général et dans la sous-région en particulier, un mécanisme et un outil de gestion des espaces frontaliers qui regorgent d’importantes ressources naturelles partagées s’avère indispensable. Car, partout où les frontières reposent sur une délimitation floue, les risques de convoitises, d’usurpation de droit de propriété et de conflits sont élevés. C’est fort de cela que l’Union Africaine appelle les États membres à une accélération de la réaffirmation de leurs frontières héritées de la colonisation.
En effet, les communes frontalières, soit 36 des 77 que compte notre pays, notamment les arrondissements frontaliers, sont enclavés, extrêmement pauvres et les populations vivent une situation de dénuement total, privées des services sociaux de base et des infrastructures socio-communautaires. La marque de l’État n’est pas perceptible et le maillage sécuritaire est embryonnaire.

A cet égard, la Politique Nationale de Développement des Espaces Frontaliers (PNDEF), élaborée en 2012, participe de la mise en œuvre de la politique nationale d’aménagement du territoire, en ce sens qu’elle permet aux localités frontalières de cesser d’être des marges territoriales où les besoins des populations de ces milieux de vie sont insuffisamment pris en compte dans les priorités nationales des différents secteurs de l’Etat.
Considérant que seule une synergie des actions peut faciliter l’entraide et la mise en œuvre d’un développement solidaire et la défense des intérêts des communes frontalières, l’atelier de validation des textes fondamentaux devant régir l’« Association Béninoise des Communes Frontalières », en abrégé ABCF, s’est tenu le 8 août 2014 entre les maires des communes frontalières du Bénin. La procédure d’enregistrement de ladite association est en cours et une installation officielle mettra un terme à sa création, conformément à l’article 25 de la Constitution du 11 décembre 1990 et aux dispositions de la loi de 1901.
Cette association a pour objectifs de défendre les intérêts des communes membres ; contribuer au développement des espaces frontaliers ; participer activement à l’animation des territoires transfrontaliers ; servir d’interface entre les communes frontalières et l’Agence Béninoise de Gestion Intégrée des Espaces Frontaliers à travers des systèmes de renseignements fiables ; promouvoir la diplomatie préventive locale et favoriser et/ou dynamiser les initiatives locales de coopération transfrontalière.
L’ABCF comprend trois (03) instances à savoir le Congrès, l’Assemblée Générale et le Bureau Exécutif National. Son organe exécutif, le Bureau Exécutif National compte onze membres. Le défi des années à venir pour cette jeune association est de gérer de façon efficiente les paysages des espaces frontaliers exposés aux profonds changements, conformément aux axes stratégiques de la PNDEF. La sécurisation et le développement de nos espaces frontaliers pourraient être une solution potentielle et durable aux problèmes que vivent les populations des espaces frontaliers. Dans ce cadre, la coopération transfrontalière qui représente une des principales priorités de l’Union Africaine à travers son Programme Frontière, de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest avec son Programme d’Initiative Transfrontalière, de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine avec le Conseil des Collectivités Territoriales et d’autres institutions internationales, doit être renforcée avec les pays voisins. Elle favorisera non seulement la cohabitation pacifique des populations vivant dans ces zones, mais aussi permettra aux élus locaux d’harmoniser, au plan national, les points de vue sur les prises de décision en faveur de ces espaces. Grâce au soutien de ces acteurs, le nombre de projets transfrontaliers augmentera, notamment dans le domaine du tourisme, des échanges, des transports, des télécommunications et de la gestion de l’environnement qui se révèlent très porteurs pour les territoires.
Par ailleurs, ces activités, dotées d’un fort potentiel, peuvent s’associer à la coopération territoriale afin de développer les territoires à plusieurs niveaux. Dans ce cas, on parlera de « territoires transfrontaliers » qui se développeraient grâce aux riches relations d’échanges et de partage qu’ils entretiendraient entre eux. Dans cette nouvelle dynamique, les acteurs locaux à travers cette Association, ont une grande responsabilité dans l’opérationnalisation de la Politique Nationale de Développement des Espaces Frontaliers en orientant de façon significative les Plans de Développement Communaux vers ces espaces très pauvres, sensibles, géostratégiques et géopolitiques en luttant contre la paupérisation des masses rurales et en évitant de façon potentielle la « tragédie des communaux ».
Aussi, les autorités locales à travers l’ABCF doivent-elles marquer de leurs empreintes la conduite de l’« analyse de risque » qui est un recueil systématique et une évaluation de données pertinentes dans le but d’apprécier le degré de menace dans le domaine de la migration illégale, par le renforcement de leurs systèmes de renseignements et de contrôle.

Bureau Exécutif National de l’ABCF

  1. Président : Maire de Nikki
  2. 1er Vice-président : Maire de Djakotomey
  3. 2ème Vice-président : Maire de Kétou
  4. Secrétaire Général : Maire de Savè
  5. Secrétariat Général Adjoint : Maire de Grand-Popo
  6. Trésorier Général : Maire de Natitingou
  7. Trésorier Général Adjoint : Maire de Bassila
  8. Secrétaire chargé de la coopération transfrontalière : Maire de Banikoara
  9. Secrétaire chargé du suivi des infrastructures socio-communautaires et de sécurité : Maire de Djidja
  10. Secrétaire chargé des relations avec la société civile et de la diplomatie locale préventive : Maire d’Adjarra
  11. Secrétaire chargé de la formation et du renforcement des capacités : Maire de Kérou