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DEVOIR DE REGARD SUR LES LOCALITES FRONTALIERES

D 22 décembre 2016     H 11:23     A Le Webmestre     C 0 messages


Au lendemain des élections communales, municipales, législatives et présidentielle, il devient nécessaire pour les nouvelles autorités politico-administratives d’avoir un devoir de regard sur la mise en œuvre de la Politique Nationale de Développement des Espaces Frontaliers (PNDEF) du Bénin à travers le Programme National de Gestion Intégrée des Espaces Frontaliers (PNGIEF).

La gestion intégrée des espaces frontaliers est d’une importance cruciale au vu des multiples défis et enjeux tant au niveau national qu’international. Au Bénin, elle est portée au rang des priorités (2007-2016) et consignée dans les documents de stratégies de développement (2011-2015).

Cet article vise à informer et à sensibiliser les nouvelles autorités et les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) pour une mise en œuvre efficace du PNGIEF consacré dans la liste des projets prioritaires du ministère de l’intérieur et de la sécurité publique dans le Programme d’Actions du Gouvernement pour un accompagnement politique à tous les niveaux.

En effet, les espaces frontaliers terrestres couvrent dix (10) des douze (12) départements, 36 communes frontalières sur les 77 que compte le Bénin pour un total de 90 arrondissements environ.

Ces espaces regorgent d’énormes ressources naturelles.

- POTENTIALITES

  • 862.421 ha de forêts classées et 3.080 ha de périmètre de reboisement : domaine forestier le plus étendu et le plus riche en essences forestières du pays ;
  • deux grandes réserves de faunes pour une étendue 1.202.793 ha (Pendjari et W) ;
  • 38.662 ha de bas-fonds aménageables se trouvent dans les espaces frontaliers, soit 55% ;
  • potentialités minières dans le bassin du Niger : gisement de fer évalué à plus de 506 millions de tonnes de minerais (Lombou-Lombou, Karimama, Madécali à Malanville), gisements de phosphate évalués à près de 5,5 millions de tonnes (Mékrou), réserves importantes non estimées de Cuivre, de Nickel, de Zinc et de Granulite ;
  • des réserves d’or (Perma à Natitingou, Ouaké, Copargo) ;
  • environ 84% des réserves pétrolifères (Sèmè-Podji) ;
  • les plus importantes réserves de marbre(Dadjo à Ouèssè, Savè, Aplahoué) ;
  • 24 des 31 aires socio-linguistiques ont une étendue transfrontalières ;
  • 41,3% de la population béninoise, 52% de la population agricoleet 56 à 58% de la production cotonnière.

- POURTANT

  • les communes frontalières comptent parmi les plus pauvres et les plus déshéritées du Bénin et sont d’accès extrêmement difficile ;
  • les projets de développement qui étaient initiés visaient beaucoup plus la gestion des ressources naturelles partagées que la problématique "zone frontière et espaces transfrontaliers" ;
  • la mobilisation et la responsabilisation des collectivités locales et des organisations socioprofessionnelles sur la problématique et les enjeux de gestion desdits espaces étaient faibles ;
  • les stratégies sectorielles des différents ministères et programmes de développement en matière d’aménagement des zones frontalières manquaient de coordination ;
  • les terres étaient spoliées par les populations des pays voisins ;
  • les incidents liés à la transhumance étaient fréquents ;
  • le transfert frauduleux des produits agricoles vers les pays voisins était courant ;
  • le maillage territorial des Forces de Défense et de Sécurité aux frontières était faible ;
  • les incursions des forces de défense et de sécurité des pays limitrophes sur le territoire béninois étaient fréquentes ;
  • la criminalité transfrontalière, les trafics de tout genre, les risques de radicalisation à des fins terroristes se faisaient remarquer ;
  • le déplacement et/ou destruction de bornes frontières dans certaines communes frontalières étaient fréquents.

- AUJOURD’HUI

Dans le domaine des stratégies, c’est :

  • l’existence d’un Livre Blanc, d’une PNDEF, d’un PNGIEF et d’un SYNGIEFsur les questions de frontières au Bénin ;
  • l’élaboration de documents de vulgarisation des concepts clés relatifs aux frontières (2014, 2015 et 2016), véritable recueil d’informations pour tous ;
  • la réalisation d’un Guide Méthodologique d’élaboration des Plans Locaux de Sécurité (PLS) ;
  • l’élaboration du Guide de Coopération Transfrontalière d’initiative Locale ;
  • l’existence d’un site internet dynamique et opérationnel ;
  • l’élaboration du magazine « Echos des Frontières N°000 » ;
  • la réalisation de plusieurs études de faisabilité sur l’aménagement des écosystèmes partagés ;
  • la gestion des archives, véritables outils de décisions spécifiques aux questions de frontières ;
  • la redynamisation du processus d’extension du plateau continental au-delà des 200 milles marins ;
  • la participation aux séminaires internationaux, avec pour résultats l’insertion du Bénin dans les réseaux sous-régionaux (UA à travers son PFUA, CEDEAO à travers son PRCT, UEMOA à travers son PCTL) et internationaux (FRONTEX, GIZ, PNUD, UE) ;
  • des séances d’échanges avec plusieurs acteurs et décideurs qui ont permis une visibilité des actions aux frontières et la mise en place de cadres de concertation.

Dans le domaine de la sécurisation et de la défense de l’intégrité territoriale, c’est :

  • la construction de commissariats de police, de brigades de gendarmerieet de postes avancés de sécurité ;
  • la relance des travaux de délimitation-démarcation-réaffirmation des frontières terrestres avec repérage et identification de bornes ;
  • la récupération, le rétablissement de la souveraineté et la viabilisation de plusieurs localités jadis litigieuses ;
  • la création et le renforcement des capacités de l’Unité Spéciale de Surveillance des Frontières (USSF) conjointement avec la police nationale ;
  • le renforcement permanent du système de renseignements aux frontières ;
  • le renforcement des capacités des FDS à travers divers dons de matériels roulants et de protection, d’effets d’habillement, d’équipements techniqueset de surveillance ;
  • l’élaboration des PLS dans plusieurs communes frontalières.

Dans le domaine du développement socio-économique, c’est :

  • la construction et l’équipement de plusieurs modules de salle de classe avec latrines plus blocs administratifs et magasins ;
  • la construction et la réhabilitation d’infrastructures marchandes ;
  • la réalisation de forages hydrauliques ;
  • les dons de kits solaires ;
  • l’organisation de plusieurs consultations médicales foraines dans les localités frontalières ;
  • le renforcement des capacités des groupements de femmes dans la promotion des activités génératrices de profits ;
  • les diverses dotations en matériels scolaires et vivres pour les élèves ;
  • etc.

Dans le domaine de la coopération transfrontalière, c’est :

  • la tenue régulière des sessions des commissions mixtes paritaires de délimitation des frontièresavec les pays limitrophes et l’animation du COMGEC-K ;
  • l’organisation de Forums de coopération transfrontalière dans les aires linguistiques ;
  • la création et l’animation de l’Association Béninoise des Communes Frontalières ;
  • la prévention et la gestion des conflits à travers la diplomatie préventive locale ;
  • le renforcement du partenariat avec les organisations de la société civile ;
  • la mise en place des cadres de concertation entre les collectivités locales et les forces de défense et de sécurité de part et d’autre de la ligne frontière.

Autant d’efforts entrepris pour sortir les espaces frontaliers de leur état d’enclavement et de pauvreté en vue de l’amélioration des conditions de vie des populations qui y vivent. Cependant, des problèmes persistent et méritent que les autorités à divers niveaux prennent la mesure des défis qui restent à relever.