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EXTENSION DU PLATEAU CONTINENTAL AU-DELA DES 200 MILLES MARINS : ENJEUX POUR LE DEVELOPPEMENT DU BENIN

D 22 décembre 2016     H 11:40     A Le Webmaster     C 0 messages


La Convention de Montego Bay de 1982 sur le droit de la mer fixe le postulat selon lequel tout pays côtier a le droit d’étendre son plateau continental au-delà des deux cents (200) milles marins suivant le « principe de l’équité ».

Se basant sur la géopolitique des espaces maritimes [1] , le Bénin à l’instar des autres pays du Golfe de Guinée doit sécuriser ses droits souverains en mer et envisage d’étendre son plateau continental au-delà des deux cents (200) milles marins.

En effet, les espaces maritimes couvrent 71% de la planète Terre soit 361 millions de km2. Mais avec la mondialisation due aux révolutions technologiques et à l’ouverture des frontières au libre-échange, et avec la découverte et l’exploitation croissante des ressources océaniques dans le cadre d’un monde multipolaire, les espaces maritimes sont plus que jamais au cœur des convoitises et des jeux de puissance.

I- Clarification conceptuelle

Pour maîtriser tous les contours du processus d’extension, il est important de clarifier certains concepts clés :

Mille marin : unité de mesure des distances maritimes qui équivaut à 1.852 mètres.

Eaux intérieures : elles se situent en deçà de la ligne de base.

Ligne de base : c’est la ligne à partir de laquelle sont tracées les limites de juridiction entre Etats maritimes.

Mer territoriale : c’est la bande maritime qui suit le tracé de la côte jusqu’à douze (12) milles marins.

Zone contiguë : dite de « sécurité », elle est une zone distante de vingt quatre (24) milles marins où l’État côtier exerce ses prérogatives de police.

Zone économique exclusive : c’est l’espace où l’Etat côtier exerce ses droits souverains sur les ressources qui y sont contenues jusqu’à deux cents (200) milles marins.

Plateau continental : c’est le prolongement submergé du territoire sur lequel l’Etat côtier exerce des droits souverains pour l’exploitation de ses ressources. La Convention fixe sa limite à deux cents (200) milles marins et reconnaît même le maintien des droits acquis au-delà des 200 milles jusqu’à 350 milles marins des lignes de base si l’Etat côtier démontre que son plateau géographique s’étend au-delà de ladite limite.

Haute mer : c’est l’espace marin situé au-delà des juridictions nationales et échappant à la souveraineté des Etats.

La clarification de ces concepts permet de mieux cerner les enjeux économiques liés à la bonne gestion des espaces maritimes du Bénin.

II- Enjeux économiques

Les ressources halieutiques ont pendant longtemps été les premières richesses de la mer qui ont attisé et suscité les convoitises de nombreux Etats. De nos jours, les ressources en hydrocarbures (pétrole et gaz etc.) constituent le principal enjeu de l’extension du plateau continental.

1. Ressources halieutiques sur la côte béninoise

Ce secteur demeure embryonnaire. Sa maîtrise devrait permettre au Bénin d’amorcer un développement économique harmonieux.

2. Les ressources en hydrocarbures

Elles ont été, notamment le pétrole, la cause première du mouvement vers l’appropriation d’espaces maritimes jusqu’alors régies par le principe sacro-saint de la liberté de la haute mer. Dans la mesure où l’or noir est d’une importance capitale, même un petit champ pétrolifère peut faire une différence notable dans la vie des citoyens d’un Etat côtier sous la juridiction duquel il se trouve.

S’agissant du plateau continental, il convient de souligner que la production offshore du pétrole et du gaz représente 25 à 30% de la production mondiale totale.

Au Bénin, l’exploration pétrolière avait débuté en 1964 et la production en 1970, avait été interrompue en décembre 1998. Il a renoué avec l’exploration pétrolière en 2009. La découverte, le 28 janvier 2009 de nouveaux puits pétroliers par la société South Atlantic Petroleum International (SAPETRO) a redonné espoir au Bénin qui rêve de devenir dans les prochaines années une puissance pétrolière.

3. Le développement du transport maritime

Le transport maritime a été, et demeure, la principale utilisation des mers et des océans ; il est à l’origine du plus important produit brut tiré des ressources océaniques ou de l’utilisation des espaces maritimes.

Véritable poumon de l’économie nationale, le Port Autonome de Cotonou (PAC) représente 90% des échanges avec l’étranger et plus de 60% du PIB du pays. C’est l’un des plus grands ports de la région. Le commerce s’effectue avec l’Europe, l’Amérique du Nord et du Sud et l’Asie, faisant de Cotonou une « ville entrepôt » et générant une intense activité d’échanges, de manutention et de logistique.

Il dessert les pays de l’hinterland, tels que le Niger, le Mali et le Burkina.

4. La préservation de l’environnement marin

Le Bénin est partie de la Convention des Nations Unies sur la biodiversité adoptée à Rio de Janeiro en 1992. Cet accord offre à notre pays d’énormes possibilités pour tirer un meilleur parti des ressources biologiques marines par la définition et l’adoption de mesures de conservation et de gestion rationnelles.

Notre pays a pris des mesures au nombre desquelles le Plan d’aménagement de la pêche maritime, le Plan directeur des pêches et un certain nombre de dispositions réglementaires (arrêtés) pour promouvoir le développement économique et social du secteur de la pêche, tout en veillant à la protection des écosystèmes aquatiques et à la conservation de la biodiversité.

Eu égard à ce qui précède, l’ABeGIEF, dans le cadre de la sécurisation des espaces maritimes béninois, élabore des stratégies à mettre en place avec ses voisins pour l’extension de leur plateau continental respectif au-delà des 200 milles marins.


[1La géopolitique des espaces maritimes est l’étude des océans et des mers en tant que territoires dominés, partagés ou disputés par les Etats pour des questions de prestige, de domination ou d’exploitation économique.