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La frontière fonde l’État

D 22 décembre 2016     H 11:28     A L’AGENCE     C 0 messages


La définition du concept de frontière est emblématique. Dans l’Antiquité, la frontière correspond souvent à une limite qui borne l’espace et au-delà de laquelle commence l’inconnu. Le front désigne alors la limite temporaire et fluctuante séparant deux armées en conflit (front = faire face).

A partir du XVIe, et avec l’émergence progressive de l’État moderne, la frontière devient la limite de souveraineté. Elle se définit généralement comme la limite de souveraineté et de compétence territoriale d’un État. En tant que telle, la présence d’une frontière a des conséquences durables sur l’organisation de l’espace. Elle a des effets structurants majeurs. On parle d’effets-frontières.

En langue française, le terme de frontière recouvre plusieurs réalités, ce qui n’est pas le cas de l’anglais. Il est en fait polysémique et désigne plusieurs réalités (un article y sera consacré dans les prochaines éditions). Il y a en effet, derrière le terme de frontière les notions de linéarité et de zonalité. En effet, la linéarité est relative à la ligne frontière, sa délimitation, sa démarcation et sa matérialisation par l’érection de bornes frontières. Tandis que la zonalité permet de considérer la frontière comme zone, espace de vie dont la structuration et l’évolution dépend pour l’essentiel, à différentes échelles, des systèmes spatiaux du fait de la frontière ligne. La frontière confère à l’État son territoire. Autrement dit, il n’existe pas d’État sans frontière, car c’est la frontière qui configure l’espace géographique dans lequel le pouvoir institutionnalisé doit s’exercer.

Au sens étymologique, l’État est ce qui tient debout. Ainsi, un État se définit par un territoire, par une population et par une autorité publique. Au Bénin, le territoire et l’autorité publique sont l’émanation de la volonté politique de la France. Le Bénin est un État que l’on compare à une gerbe s’évasant vers le haut, symbole de régularité et d’équilibre. C’est une république, c’est-à-dire un État dans lequel la communauté des citoyens exprime ses volontés directement ou par l’intermédiaire de délégués élus.
Les frontières de l’État sont garanties par des traités ; au-delà des frontières, l’autorité de l’État n’est pas reconnue. Inversement, nul État ne peut intervenir sur le territoire national d’un autre État. Le Bénin est un État souverain. La puissance publique est détenue par un gouvernement qui dirige et par une administration composée de fonctionnaires qui met en œuvre les décisions prises par le gouvernement.

L’État agit dans l’intérêt général. Il définit ce qui est juste et bon pour la collectivité nationale. La première préoccupation de l’État moderne est d’assurer la protection de la Nation, en maintenant à l’intérieur l’ordre public, à l’extérieur la paix internationale. Dans ce but, l’État dispose de moyens répressifs (police, armée) qui lui obéissent. Il a seul le droit de recours à la force. L’État organise la vie de la Nation. Il ordonne, dit la loi, met en place des structures durables appelées « institutions ». Il intervient dans l’économie, crée des richesses, répartit les fruits du travail. Il s’attache à préserver un idéal de liberté, d’égalité, de fraternité, conforme aux aspirations de la Nation toute entière. Le service de l’État est plus un engagement au service du bien public qu’une profession dont on tire un avantage. Les citoyens attendent alors de l’État la défense de l’intégrité du territoire national, l’ordre public, l’emploi, l’enseignement et l’éducation, les infrastructures et hyperstructures économiques, le salaire, l’habitat, le commerce, la moralité et l’équité, la santé, l’eau, l’électricité, l’information, les loisirs, le droit à la religion pour ne citer que ceux-là.

En fonction de la capacité, du degré d’organisation et des ressources de l’État à satisfaire ces besoins collectifs, on distingue plusieurs types d’État à savoir : l’État fragile, l’État défaillant, l’État moderne, l’État développementaliste, l’État capable, l’État de droit, l’État unitaire et l’État pluraliste.

Eu égard à ce qui précède, il est clair que l’État n’existe sans la frontière. C’est pourquoi, il est impérieux pour l’État de s’investir dans la gestion efficace de ses frontières en dotant notre pays d’une loi de programmation et d’orientation qui consolide les investissements au profit des frontières et des espaces frontaliers.