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La santé sans « frontière »

D 22 décembre 2016     H 11:30     A L’AGENCE     C 0 messages


La mondialisation croissante des échanges engendre une augmentation des flux internationaux de populations humaines, animales et de marchandises qui peuvent favoriser la propagation des maladies et d’autres événements de santé qu’ils soient d’origine biologique, chimique, radiologique ou nucléaire.

Dorénavant, la survenue d’une crise sanitaire dans une localité peut avoir des répercussions très rapides sur la sécurité et l’économie d’autres localités. Il s’avère alors nécessaire de renforcer le réseau d’alerte aussi bien sur le plan local, national, régional que mondial.

La dernière épidémie de maladie hémorragique à virus Ebola qu’ont connue quelques pays de l’Afrique de l’ouest de 2013 à 2016 et celle à virus Lassa qu’a connu le Nigéria et ayant débordé sur une localité frontalière du Bénin en 2015, en sont de parfaites illustrations. Elles ont montré une fois de plus, l’impérieuse nécessité de la coopération transfrontalière dans le domaine de la prévention, la détection et la riposte aux urgences de santé.

Les localités transfrontalières du Bénin et de ses voisins sont des régions caractérisées par une forte densité et une grande interconnexion transfrontalière de leurs populations. Cependant la coopération entre les systèmes de santé des pays en particulier dans le domaine de la surveillance intégrée des maladies et la riposte, n’est pas encore à la hauteur de cette importante interconnexion transfrontalière des populations. Ceci engendre des retards dans la circulation transfrontalière des informations et réduit ainsi l’efficacité et l’efficience de la riposte aux urgences de santé.

L’enclavement des localités prend une tournure tragique dans le domaine sanitaire. Il faut en temps favorable, une demi-journée, vers les hôpitaux spécialisés depuis les localités frontalières. Quand la pluie s’invite, c’est le drame. C’est un euphémisme de dire que l’accès aux soins est difficile. Les structures de santé, quand elles existent ne respirent pas la santé : peu de moyens humains et matériels. Faute de ces moyens, les centres de santé communiquent moins bien que leurs patients. Une épidémie tourne vite à la catastrophe sanitaire faute de moyens de communication entre les centres de santé.

Il y a donc lieu de faciliter cette circulation transfrontalière des informations et de renforcer la coopération entre les espaces frontaliers du Bénin et de ceux de ses voisins, d’harmoniser les politiques de santé, de définir une aire de santé sur deux pays, d’établir une gestion partagée des coûts pour l’amélioration des soins apportés aux patients et les conditions de travail des agents de santé.

Toutefois, lors de la détection de cas suspects pouvant menacer le bien-être de la population et désorganiser le système sécuritaire au niveau de la frontière, chaque pays se réserve le droit de prendre des mesures discrétionnaires aux fins de réguler un tant soit peu la coopération sanitaire.

Dans le cadre de la promotion de la coopération y afférente et tenant compte de la précarité sanitaire des populations dans les espaces frontaliers du fait de leur éloignement des grands centres de santé et du manque de spécialistes, l’Agence Béninoise de Gestion Intégrée des Espaces Frontaliers (ABeGIEF) a initié, en 2013 en collaboration avec le Ministère de la Santé, les consultations médicales foraines dans les localités de Houto, Agouna dans la commune de Djidja, Lema, Tchetti, Doumè et Ottola dans la commune de Savalou. Les populations de ces communes et celles des localités sœurs du Togo ont également bénéficié à cette occasion de l’appui pour se faire soigner gratuitement par les médecins de la Société Béninoise des Médecins Internistes.

Les succès de cette édition ont amené l’Agence à organiser cette fois-ci, en 2015, la deuxième édition des consultations médicales foraines dans les secteurs de Sinangourou (Nikki) et tout le secteur d’Ogamoin (Gounkparé, Swanworoussou, Bouin, Worou-Ouré Kparou) dans la commune de Pèrèrè et des villages du Nigeria. Au total, mille sept cent quatre vingt quatre (1784) personnes ont été consultées et ont obtenu des produits pharmaceutiques pour les premiers soins.

En 2016, ce fut le tour des populations des communes de Karimama et de Malanville au Bénin et celles de Gaya, Tanda et Tanougou du Niger de bénéficier de ces consultations. Deux mille cent quarante trois (2143) Béninois et Nigériens ont pu se soigner au cours de ces consultations médicales foraines.

En somme, les soins de qualité ont été apportés aux populations déshéritées du Bénin, du Togo, du Nigéria et du Niger du système sanitaire et les capacités de quelques agents de santé des localités frontalières ont été renforcées. Il en est de même de la surveillance épidémiologique dans les zones transfrontalières.

En conséquence, la conduite d’un programme de sécurité sanitaire auquel l’ABeGIEF souscrit devra être établie pour garantir l’atteinte des objectifs contractuels ci-après :

  • une grande implication de tous les acteurs aux frontières en développant un plaidoyer d’envergure auprès des autorités nationales ;
  • une opérationnalisation des plans d’urgence de santé publique avec l’appui des partenaires, notamment l’Organisation Mondiale de la Santé, le ministère en charge de l’intérieur, le ministère de l’agriculture, et ce, sous le leadership du ministère de la santé ;
  • l’élaboration d’un plan de réponse intégrée et coordonnée transfrontalière basé sur l’évaluation des risques sanitaires nationaux et régionaux ;
  • renforcement du plateau technique sanitaire adapté aux nouvelles menaces de maladies au niveau des frontières ;
  • etc.