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La société Civile : un acteur important dans la gestion des espaces frontaliers

D 13 mars 2015     H 10:44     A Le Webmaster     C 0 messages


En République du Bénin, le concept de Société Civile est apparu au début des années 1990, dans le contexte des différentes crises économiques et politiques qu’à connu le pays au cours de cette période. Partout dans le monde, il faut noter que c’est au prix d’innombrables tâtonnements que la Société Civile s’invente et s’organise en fonction des réalités sociales, politiques, économiques et culturelles de chaque pays.

La Société Civile est composée d’Associations à but non lucratif et apolitique poursuivant des objectifs d’intérêt général et ayant pour but de défendre et de promouvoir les intérêts des populations. Les Organisations de la Société Civile (OSC) sont constituées des Organisations Non Gouvernementales (ONG), de la Chefferie traditionnelle, des Organisations Professionnelles, des Associations de développement de femmes et de Jeunes, des confessions religieuses des syndicats et des médias, etc.

Dans ce cadre, les OSC pourront jouer un rôle important dans la gestion Intégrée des espaces frontaliers. Ainsi, elles peuvent :

  • participer à l’élaboration ainsi qu’au suivi des actions de développement des Communes frontalières initiées par l’ABeGIEF ;
  • contribuer au développement local par la mise en œuvre de projets et la mobilisation de financement dans les localités frontalières ;
  • faire le suivi de la qualité des services dans les Communes frontalières ;
  • agir comme interface entre la Commune et la population, surtout pour sensibiliser la population sur ses droits et devoirs et aussi faire remonter les préoccupations de cette dernière ;
  • agir comme médiateur en cas de conflits ou litiges frontaliers, etc.

C’est pourquoi, la Société Civile doit jouer un rôle de premier plan dans les initiatives locales de consolidation de la paix et de coexistence pacifique avec les communautés des pays voisins.

Il convient de saluer les efforts louables de certaines OSC qui interviennent déjà dans les localités frontalières du Bénin. C’est le cas de l’ONG Action Plus qui joue un rôle très important dans la conservation de la biodiversité dans la forêt communautaire d’Igbodja (Arrondissements frontaliers de Bessé et de l’Okpara dans la Commune de Savè). En effet, cette ONG sensibilise les populations riveraines sur les pratiques néfastes de l’agriculture et de l’exploitation forestière qui engendrent une forte déforestation dans la localité.

Dans le domaine de l’alphabétisation, la Société Internationale des Langues (SIL) dont le siège est à Atakpamé au Togo, dispense des cours d’alphabétisation en langue nationale Ifè (une composante du Nago) au profit des Arrondissements frontaliers d’Ottola, de Doumè, de Tchetti, de Lèma et de Djalloukou. Elle organise la formation des formateurs à Atakpamé. Les formateurs béninois alphabétisent les populations dans lesdits Arrondissements. Cette action contribue à l’émancipation et à l’épanouissement des populations pour la plupart analphabète.

Dans le domaine de l’assainissement et de l’eau, le PADEAR DANIDA, en collaboration avec la Direction de l’hydraulique et les ONGs nationales à travers le projet d’appui à l’alimentation en eau potable et assainissement en milieu rural, a réalisé des forages et points d’eaux au profit des populations des Communes frontalières de Nikki et de Kalalé et plus précisément dans les localités frontalières pour améliorer leurs alimentation en eau potable, l’hygiène et l’assainissement. Ce projet a réduit les risques de maladies liées à l’eau dans ces zones délaissées.

Plus proches des populations frontalières, les OSC doivent participer activement à l’éveil de la conscience de la population rurale et analphabète pour la plupart. Leur implication dans la sensibilisation de ladite population sur ses devoirs, notamment par rapport à la collaboration avec les Forces de Défense et de Sécurité, les élus locaux, les services déconcentrés de l’État doit contribuer à la visibilité des actions de l’ABeGIEF. Elles doivent prendre aussi une par active dans l’opérationnalisation de la Politique Nationale de Développement des Espaces Frontaliers en orientant leurs activités vers ces zones très pauvres et enclavées.