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Le défaut de délimitation des frontières et les bornes

D 13 janvier 2015     H 23:35     A Le Webmaster     C 0 messages


la frontière reste un lieu d’affrontement car elle a pour but de séparer de manière exclusive des souverainetés étatiques. Ainsi, en délimitant les souverainetés de façon rigide ou par défaut de délimiter, les frontières deviennent belligènes et alimentent les nombreux conflits : conflit d’attribution de souveraineté, conflit de délimitation, conflit de démarcation ou simplement de gestion de frontière. En Afrique en particulier, le non bornage de la frontière a été à la base de plusieurs différends frontaliers entre les États Ces conflits concernent aussi les délimitations terrestres que maritimes et les États notamment les conflits frontaliers Libye-Tchad, Sénégal-Mauritanie, Cameroun-Nigeria, Tunisie-Libye, Botswana-Namibie, Bénin-Nigeria, RDC-Angola, Bénin-Burkina-Faso etc.

Mais les guerres régulières entre Touaregs et gouvernement central malien ou nigérien par exemple, et depuis quelques années l’imbroglio sahélien, où les groupes terroristes passent les frontières comme on enfreint des lois, en profitant de l’absence d’homogénéisation des régimes de la région.

Nombreux sont les peuples qui vivent à cheval sur des frontières et qui possèdent trois voire quatre nationalités, à l’image des Touaregs qui nomadisent sur plusieurs territoires tels leurs ancêtres, mais avec des cartes d’identité malienne, nigérienne et algérienne. Quel effet de passer sur ce trait rectiligne en plein désert du Tanezrouft, ligne droite absurde qui fait office de frontière virtuelle ; sans barbelés, mur ou borne ? De l’avis général, rien. Il n’y a d’ailleurs rien, si ce n’est qu’il faut mettre la main à l’autre poche, pour exhiber dans le cas d’un contrôle la carte d’identité correspondante. Berlin, c’est loin ; les frontières, c’est flou.

Toucher aux frontières africaines reste toujours sensible. Héritées de l’époque coloniale, elles font aussi maintenant partie intégrante du dessin géographique de l’Afrique. Il est bien de terminer avec les problèmes des frontières africaines par ces propos de Mucombo : « Ces frontières font partie de notre identité. Elles ont souvent plus de 60 ans. Pour beaucoup d’Africains ce sont les seules frontières qu’ils ont connues. Je ne pense pas qu’il soit possible de les modifier. Cela créerait encore plus de confusion et de problèmes ».

La seule solution aux problèmes locaux et régionaux que pose la frontière, problèmes qui relèvent tous du passé, de l’histoire et qui ne peuvent donc pas être gommés, c’est probablement de chercher une sortie par le haut : par la fédération d’États supra-nationaux. Non pas pour les substituer aux États existants mais pour réussir à les « provincialiser » quelque peu ; ce pourrait être un garant de respect de règles démocratiques élémentaires, alors qu’actuellement les résurgences de nationalisme exacerbé agissent comme autant de tentations locales totalitaires.

La frontière continue d’alimenter de nombreux conflits en Afrique. Cela est sans doute lié à la mauvaise définition des frontières par les colons. Mais les solutions doivent venir des africains eux-mêmes. Il s’agira de faire du continent africain un vaste espace d’échanges commerciaux et culturels où les frontières ne représenteront plus une séparation, mais une zone de partage.