. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Vous êtes ici : Accueil » Documentation » Agenda des Frontières » Agenda des Frontières 2015 » RÔLE DES ARCHIVES DANS LA GESTION DES FRONTIÈRES

RÔLE DES ARCHIVES DANS LA GESTION DES FRONTIÈRES

D 13 mars 2015     H 10:46     A L’AGENCE     C 0 messages


La gestion intégrée des espaces frontaliers est un processus à la fois politique, socioculturel, technique, économique, environnemental et inter-étatique qui implique le plus souvent des prises de décisions d’accord-parties sur la base d’un référentiel unanimement reconnu. De ce fait, l’information est devenue une donnée incontournable dans la gestion de ces espaces et diverses sources d’informations restent accessibles.

Les plus importantes sont constituées par les documents d’archives qui, vu leurs valeurs informative, juridique et leur authenticité, témoignent des faits passés et font office de preuve en vue de la jouissance de ce que de droit.

En effet, dans le cadre de la délimitation, démarcation, réaffirmation, prévention ou gestion de litiges frontaliers avec les pays voisins, la nécessité de disposer de documents d’archives autrefois produits par le colonisateur pour spécifier les limites de sa colonie reste sine qua none. C’est ainsi que les services d’archives au plan national (Direction des Archives Nationales et autres) et à l’étranger sont le plus souvent mis à contribution.

La nature de ces archives porte souvent sur les actes officiels portant réorganisations territoriales des colonies de l’Afrique Occidentale Française et/ou du Haut-Sénégal-Niger (convention, loi, accord, décret, arrêté, décisions…), les rapports politiques ou de tournées dans les cercles de colonies, les procès-verbaux d’abornement avec documents techniques joints, les cartes de situation géographiques, les comptes rendus de sessions mixtes paritaires et autres pièces d’effectivité coloniale (carnets de santé coloniaux, ticket de taxe et d’impôt coloniaux , registre d’état-Civil…).

Les archives permettent aussi d’appuyer toute opération de recherche de données dans le cadre de la constitution des mémoires de recherches universitaires et de documents stratégiques, afin de mieux anticiper et gérer les conflits et litiges frontaliers.

Mais force est de constater un fait attristant, celui de la banalisation du processus de centralisation, de traitement, de conservation et de diffusion des archives dans certaines structures de l’Afrique de l’Ouest en général et du Bénin en particulier.
Les archives qui constituent des trésors sont le plus souvent abandonnées aux intempéries, sous la poussière et ne bénéficient d’aucun traitement adéquat pouvant permettre une consultation aisée et une conservation à long terme.

La collecte des documents d’archives est devenue un parcours de combattant, où l’on est confronté à la poussière, l’odeur suffocante de la moisissure sur des documents dégradés, les salissures dues aux excréments de souris, de cafards avec toutes les déconvenues possibles sur la santé.

Une prise de conscience nationale s’impose pour une meilleure gestion de nos archives au Bénin, car les archives constituent la mémoire d’une nation.
Toutefois, il est à souligner que l’Agence Béninoise de Gestion Intégrée des Espaces Frontaliers relève valablement les défis d’une meilleure gestion des documents de frontières avec pour vision de mettre en place un Centre de Documentation moderne Spécifique aux Frontières du Bénin en ayant recours aux nouvelles techniques de traitements physique et numérique.