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Vue sur les enjeux et opportunités de la sécurisation des espaces frontaliers

D 18 juillet 2016     H 18:11     A L’AGENCE     C 0 messages


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Spécificités et caractéristiques des zones frontalières face aux enjeux du maintien de l’ordre

Une frontière est la concrétisation d’une opportunité pour un État de contribuer au maintien de sa sécurité interne en empêchant les menaces extérieures d’atteindre son territoire et sa population. La frontière est par conséquent tant une séparation physique entre États qu’un processus de contrôle au service de leur sécurité. Néanmoins, les exigences du système mondial économique actuel requièrent un certain degré d’ouverture des frontières.

Aussi, les frontières doivent non seulement être exclusives (ne pas laisser entrer les personnes et les biens indésirables) mais également inclusives (faciliter la mobilité des personnes et des biens). Il est donc important pour un État de trouver un équilibre entre le besoin de mobilité et le besoin de contrôle, entre « des portes et des murs ». En effet, une frontière complètement fermée n’est pas la solution. Au contraire, elle risquerait davantage de créer un environnement propice pour des activités illicites. L’équilibre entre « des portes et des murs » doit donc être respecté afin de permettre le développement d’activités économiques légales dans et par-delà la région frontalière et ainsi diminuer les opportunités de développement d’activités illicites.

Une frontière ne peut jamais être complètement sous contrôle : elle ne peut qu’être au mieux gérée en fonction de la géographie, des moyens financiers, techniques et humains ou encore des réalités ethniques. En effet, la géographie dans les zones frontalières rend certaines parties d’une frontière terrestre difficiles à surveiller. La nature du milieu des zones désertiques, forestières, montagneuses influe largement sur l’efficacité des mécanismes de contrôle et de surveillance mis en place.
De plus, le manque d’infrastructure routière et de connections entre les différentes parties d’un pays, la longueur des frontières et des liaisons interétatiques mal assurées représentent tant d’obstacles supplémentaires à la gestion des frontières. À cela s’ajoute, dans certaines régions, un tracé des frontières compliqué ne respectant pas les arrangements ethniques et économiques préexistants. Les populations frontalières ont souvent leurs propres dynamiques de coopération qui ne tiennent pas compte des contraintes nationales liées à l’existence de la frontière. Les allégeances entre communautés transfrontalières supplantent parfois les allégeances à l’État. La présence de communautés frontalières réticentes à la coopération avec les agents étatiques peut par conséquent compromettre l’efficacité des activités des États à leurs frontières.

Certaines régions frontalières peuvent devenir des zones de refuge pour des malfaiteurs et des lieux de criminalité et de trafic où les déplacements des trafiquants et criminels sont éventuellement facilités par les complicités ethniques des populations des régions frontalières. Une étude sur la criminalité en Afrique de l’Ouest souligne le phénomène de correspondance entre les zones transfrontalières traversées de tensions et les zones de trafics, de circulation illicite d’armes de guerre et de prolifération de la grande criminalité. Les routes de trafics contournent les points de contrôle à la frontière, utilisant des parties de territoire où les solidarités entre populations locales priment.

Contrôle et surveillance aux frontières

La surveillance des frontières est une question de sécurité intérieure pour laquelle l’Agence Béninoise de Gestion Intégrée des Espaces Frontaliers (ABeGIEF) développe en collaboration avec les Forces de Défense et de Sécurité, des solutions personnalisées qui permettent de faire face à des menaces de types et de niveaux très différents.

Devant l’émergence de nouveaux risques et de nouvelles menaces plus globales, la Communauté internationale appelle à plus de sécurité. La surveillance et le contrôle des zones frontalières ainsi que la prévention des activités illégales sont une question cruciale pour assurer la sécurité nationale. Pour y remédier, le Bénin se doit de se doter d’un ensemble complet de capacités de surveillance et de contrôle des frontières pour améliorer le temps de réaction entre la détection et l’interception, comparer la nature et le niveau de la menace, optimiser les ressources et leur valorisation.

La lutte contre les activités criminelles et les organisations terroristes implique la mise en place de systèmes de surveillance et de contrôle aux frontières et sur le territoire national. Ces systèmes renforcent les capacités des forces de défense et de sécurité sur les trois axes clés : la prévention, la protection et la réponse.

La prévention consiste en l’identification, l’évaluation et la neutralisation de la menace avant qu’elle n’agisse.

A ce niveau, il y a une réelle nécessité de couvrir l’ensemble des besoins liés à la surveillance et au contrôle à l’intérieur et aux limites du territoire national, en intégrant les divers dispositifs tels que les systèmes de surveillance des frontières terrestres, maritimes ou aériennes ainsi que les systèmes de traçage vidéo ou encore la gestion d’identité.

Dans le domaine de la protection physique, il s’agira de fournir des systèmes qui sont adaptés aux besoins et aux contextes spécifiques des sites concernés : aéroports, ports, frontières terrestres. Ils reposent sur l’analyse préalable des risques et garantissent une amélioration de la sécurité et de la résilience.

La réponse à la menace englobe aussi bien la compréhension de la situation initiale, l’analyse des événements en cours, la préparation et la conduite des opérations de lutte, les actions de secours aux populations civiles, la communication vers les différentes parties-prenantes y compris la population.

Il faut préciser ici, la nécessité d’améliorer les capacités opérationnelles, tactiques et techniques des forces de défense et de sécurité ; ce qui permettra de réduire le temps de réaction entre l’alerte et la réponse.

La tâche de gestion des frontières est double : d’une part, contrôler et surveiller afin de détecter et filtrer les risques en termes de sécurité, les individus et les biens indésirables et, d’autre part, permettre un équilibre entre ouverture et fermeture des frontières.

Exécuter ces tâches requiert un éventail de compétences. Les agents travaillant aux frontières occupent de ce fait une place particulière dans l’appareil étatique car ils doivent être capables de remplir tant des fonctions de sécurité interne et externe que des fonctions plus fiscales. Aussi, lorsque l’on traite de la question de la gestion des frontières, il est nécessaire de définir de quoi on parle. Cela est d’autant plus important que chaque État a son système de gestion des frontières impliquant différentes agences avec divers mandats et priorités. Une ou plusieurs agences étatiques peuvent ainsi être impliquées dans la machine sécuritaire aux frontières afin de gérer les différentes dimensions de la gestion des frontières. Deux éléments méritent d’être soulignés : la distinction entre les agents douaniers et les gardes-frontière et le modèle d’organisation des gardes-frontière.

Au Bénin, une unité d’élite de la Police Nationale, dédiée à la sécurisation des frontières a été créée en Juin 2014 sous l’impulsion de la mise en œuvre institutionnelle de la Politique Nationale de Développement des Espaces Frontaliers (PNDEF). Elle est dénommée Unité Spéciale de Surveillance des Frontières (USSF) et répond à un besoin pressant de production de la sécurité dans les espaces frontaliers. Elle vient compléter et renforcer le maillage sécuritaire et par ricochet constitue une avancée remarquable dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité au Bénin.

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